Démonstration d'Aïkido Korindo au Sanctuaire Meiji Jingu
Nous sommes toujours au sanctuaire de Meiji Jingu, après vous avoir présenté dans notre premier article le Yabusame, acherie à cheval, nous vous présentons maintenant l'Aïkido Korindo. Il s'avère que, malgré la relative spécialisation de notre boutique sur la matériel d'aïkido, nous ne connaissions pas ce groupe, intrigué, nous avons fait quelques recherches. C'est donc l'occasion idéale pour vous le présenter.
Cette démonstration dura environ 3 heures, de nombreux groupes d'étudiants, mais aussi beaucoup de dojo furent représentés. La vidéo que nous vous proposons plus bas, d'une dizaine de minutes, vous propose un montage thématique par thème de travail plutôt que par groupe. En effet, cet aïkido n'étant pas représenté en France, et probablement inconnu de la majorité d'entre vous, nous avons préféré une présententation thématique à une présentation par dojo et enseignant.
Certains regretterons que la démonstration d'aïkido n'ai pas été réalisée par Inaba Senseï alors que son dojo, le shiseïkan, est situé dans le parc du sanctuaire. Inaba senseï n'est pas très "démonstratif", mais nous ne désepérons pas d'avoir un jour l'occasion de vous présenter son travail. Pour le moment, passons à l'histoire de ce groupe, le Korinkaï.
Seconde partie : L'Aïkido Korindo
L'aïkido korindo est un style mit au point par Minoru Hiraï (1903 - 1998) en 1938. Ce style fut influencé en particulier par d'anciennes écoles de Kobudo, Togun-Ryu, Nito-Ryu ou encore Kito-Ryu. Caractérisé par des mouvements très souples avec une très grande importance accordée au "Taï sabaki" (type de déplacement). En Korindo Aïkido, on trouve la pratique du Taï jutsu (main nue), du Jo, du Bo, du Hanbo, du Ken (bokken), du Kodachi (ou shoto), de l'Iaï, de la lance, du Tanto, du Naginata et du Kusari gama. La pratique est cependant centrée sur le Taïjutsu, le Bokken, le Jo et l'Iaï.
Minoru Hiraï, le fondateur :
Minoru Hiraï commenca les arts martiaux très jeune, il étudia le Togin Ryu, le Suburi Ryu, le Takenouchi Ryu et le Kito Ryu. Il ouvrit son dojo d'Iaïdo et Jujutsu en 1938 à Okayama, le "Kogado Dojo".
Il rencontra le fondateur de l'aïkido, Morihei Ueshiba en 1938 dans la préfecture d'Okayama où Ueshiba l'invita à venir au Kobukan à Tokyo. Il trouva de grandes similitudes entre sa pratique et l'"aïkibudo" de Ueshiba et décida d'intégrer le Kobukan dojo (le dojo de Morihei Ueshiba).
Lors de la Seconde Guerre Mondiale, Hirai était à la tête du département de jujutsu de l'école de la police militaire. Puis, en 1942, Ueshiba lui confia la direction du Kobukan. Il représenta entre autre le Kobukan au "Daï Nippon Butoku Kai" (association regroupant la très grande majorité des arts martiaux japonais).
Instructeur à l'école de Police militaire, il fut demandé après la seconde guerre mondiale pour aider au développement de Taihojutsu (techniques d'arrestation) en collaboration avec des maîtres de karate, de boxe et de judo. Il présenta ainsi devant des officiers venus de tout le pays ses nouvelles techniques basées sur des éléments de Yawara auxquelles il avait ajouté des mouvements destinés à "s'évader du ki de son adversaire" (autrement dit, à détourner la force plutôt que de s'y opposer), et défendit fermement sa position pour l'utilisation de ces techniques en pronant que "celui qui prétend être fort est en réalité faible s'il ne compte que sur sa force physique lors d'un affrontement". Ce fut une réforme majeure pour les officiers, et ces techniques sont encore à l'ordre du jour dans la police actuelle. (ndlr : nous travaillons à un article sur le Taihojutsu de la police de Tokyo) Il aura une influence majeure dans la décision de changer le nom de l'aïkibudo pour aïkido (il est à l'origine de la création du mot Aïkido au sein du Butokukaï). Il renomera d'ailleurs lui aussi son art en aïkido.
En 1953 il ouvre un dojo sur Tokyo, le Korindo Dojo, puis fonde l'année suivante l'association "Nihon Korinkaï"
Il est enfin promu au rang de Hanshi (le plus haut rang) par le Dai Nippon Butoku Kai.
Dans cette forme d'aïkido, le taïsabaki est à la base de toute pédagogie. Que ce soit pour les kata de Taijutsu, de Ken ou de Jo, mais aussi à la lance ou avec n'importe quelle autre arme, tout commence par les différentes formes de Taïsabaki codifiées par Minoru Hirai.
En Korindo, il existe sept formes d'origine, "Kesagiri", "Kote-Sabaki", "Irimi-Sabaki", "Shiho-Sabaki", "Isogaeshi" et "Tsuiage e ushiro-Sabaki", deux furent ajoutées plus tard, puis une supprimée pour arriver à un total de huit actuellement. Ces huit formes sont pratiquées de 4 façons différentes, en focalisant sur l'avant, l'arrière, la droite et la gauche. En général pratiquées seul, ces formes peuvent aussi être pratiquées sous forme de kata avec un partenaire.
L'accent est placé sur le mouvement des hanches, l'économie de mouvement et sur la pratique de nombreuses formes de randori.
Vidéo montage du la démonstration d'Aïkido Korindo
Dai Nippon Butokukai
Le Dai Nippon Butokukai a été établit en 1895 dans le but de promouvoir les arts martiaux traditionnels et les vertues de la culture martiale. Les buts établis du Butokukai étaient de construire le Butokuden, une grande salle martiale à l'intérieur de l'enceinte du Temple Heian Jingu à Kyoto, d'organiser une démonstration et un tournoi d'arts martiaux tous les ans, de préserver, supporter et promouvoir les arts martiaux, mais aussi de collectionner des armes classiques, de l'équipement militaire et du matériel historique et de publier une revue sur les arts martiaux.
Des succursales furent établies dans toutes les préfectures du japon et les préfets en devinrent les directeurs. En 1899, la construction du Butokuden à Kyoto fut achevée. Des salles secondaires furents contruites dans chaque préfecture. En 1905, une école pour les professeurs d'arts martiaux fut établie, qui devint plus tard la Budo Senmon Gakko (école spécialisée des Arts Martiaux). Ce fut le Butokukai qui inaugura le système de rang par DAN, ainsi que le système d'arbitrage. Il a également régularisé la pratique du kendo, judo, naginata et du kyudo et a petit à petit contribué à la modernisation et à l'étendue des arts martiaux japonais. Durant la seconde guerre mondiale, il passa sous le controle du gouvernement puis, après la guerre, il fut dissout par ordre de l'armée d'occupation pour être re-créé en 1946.
- Troisième partie : Démonstration de Kobudo au sanctuaire Meiji Jingu.
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