Démonstrations de Kobudo au Sanctuaire Meiji Jingu
Aïkido Korindo, Yabusame, Kyudo, et de très nombreux Kobudo, voici ce que nous réservait le festival célébrant le 90ème anniversaire de la fondation du santuaire Meiji Jingu (1920). Dans notre série d'articles nous vous avons déjà parlé de l'aïkido Korindoet du Yabusame, il est temps de passer à notre dernier article sur le Kobudo. Nous avons malheureusement raté le Kyudo cette année, mais nous nous concentrerons dessus l'année prochaine.
Hé non, nous ne vous avons pas gardé le meilleur pour la fin! Manque de batterie sur notre caméra, et surtout difficulté à trouver un bon angle de vue pour filmer, nos quelques vidéos ne sont pas de très bonne qualité. Mais nous les avons et il serait dommage de ne pas les publier. Et pour ne pas vous proposer "que" 4 petites vidéos se battant en duel sur cette page, nous allons vous présenter les 4 écoles de Kobudo dont nous avons des vidéos exploitables. Nous allons donc vous présenter 4 courtes séquences, Kenjutsu, Naginatajutsu, Jodo et Iaï.
Troisième partie : Divers Kobudo
Nous vous conseillons de passer les vidéos en mode HD pour les visionner en plein écran.
Ono-ha Itto Ryu - Kenjutsu
L’Onoha Itto ryu est l'une des plus anciennes branches du style Itto ryu et reste de nos jours une des plus grandes influences de kenjutsu traditionnel. Sasamori Junzo, célèbre pratiquant de Kendo du début du 20ème siècle et héritier de la branche "Ono-Ha" participa à la création des kata de Kendo.
Cette école fut fondée au 16ème siècle par Ono Tadaaki, successeur immédiat du célèbre Ittosai Kagehisa, qui lui donna son nom. Ittosai aurait obligé Tadaaki à participer à un duel avec un autre de ses élèves, Zenki, afin de déterminer son successeur. Tadaaki ayant partagé avec Yagyu Munemori la fonction d’instructeur du 2nd puis du 3ème shogun (période d’Edo), il pu exercer et promouvoir aisément son art, bien que l'on rapporte que son mauvais caractère lui aurait valu de rester dans l'ombre de Yagyu. C'est part ailleurs Ono Tadaaki qui, grâce à ses relations avec le célèbre moine Soho Takuan, introduisit le Zen dans l'Itto Ryu.
Le style Ono-Ha se focalise sur le duel au sabre, contrairement aux styles de batailles qui enseignent le maniement de plusieurs armes. Cette école enseigne un nombre très important de techniques, plus de 150 si l'on considère les techniques au sabre court (wakizashi) et au sabre long (katana). Kiri Otoshi, "couper vers le bas" et qui consiste principalement à couper sur le sabre adverse pour annuler son attaque et prendre la place de son sabre, (que l'on retrouve dans la vidéo ci-dessous) est la technique caractérisant l'école. C'est une technique que l'on retrouve dans les principes du Daito Ryu jujutsu ainsi que dans la pratique de l'aïkido.
Cette école base sa technique sur le duel et donc le combat sans armure, cependant de nombreuses techniques se rapportent aussi au combat en armure.
C'est la famille Ono qui commença à assurer la transmission, puis celle-ci passa dans les mains du seigneur Tsugaru Nobusama, dont le successeur enseigna à nouveau à un membre de la famille Ono (Ono Tadakata), permettant de fait à la famille Ono de récuperer et préserver leur lignée.
C'est le fils Sasamori Junzo, (le kendoka), Sasamori Takemi qui est actuellement le 16eme soke de l'école.
Fondée par Iizaka Ienao en 1447, la Tenshin Shōden Katori Shintō-ryū est une des plus anciennes écoles d’arts martiaux et aussi l'une des plus célèbres et respectées de nos jours. La légende raconte que la divinité des arts martiaux Futsunushi no Mikoto apparut en rêve à Ienao lors de sa retraite au Sanctuaire Katori Jingu pour lui transmettre ses secrets de stratégie martiale.
La Shōden Katori Shintō-ryū est une école très complète. Son enseignement tourne autour de la pratique de différentes armes sous forme de katas, tels que le kenjutsu, l’iaijutsu, le ryotojutsu ou encore le naginatajutsu (hallebarde), le kodachijutsu (sabre court), le Bojutsu (baton), le Sojutsu (lance), Shurikenjutsu, Ninjutsu (espionage) mais propose aussi 36 kata de Jujutsu (main nue). On y trouve aussi l'enseignement de la logistique et stratégie militaire. L’esprit martial est particulièrement présent notamment en kenjutsu ou la durée d’exécution des katas est plus longue que celle des autres écoles afin de privilégier l’endurance. Yasusada Iizasa en est l’actuel 20ème Soke, bien qu'il ne soit pas pratiquant, il joue un rôle représentatif. C'est Risuke Otake qui assure le rôle de premier technicien de l'école.
Cette école a été créée au 17ème siècle par Muso Gonnosuke Katsuyoshi, un samourai expérimenté de l’ère Edo qui développa des techniques de combat au Jo afin de contrer un adversaire maniant le katana. Expert en Bojutsu (baton long), on raconte qu'il perdit un duel contre Miyamoto Musashi, et que c'est à la suite de sa défaite qu'il se retira pour méditer et réva d'une technique de combat au baton court, le Jo. Il retourna défier Musashi, le combat se serait terminé par un "match nul" tenant Musashi en échec (cet épisode contredisant cependant la légende de Musashi l'invaincu).
L’apprentissage du Jo est basé sur ces techniques sous la forme de kata, bokken contre jo.
Il semblerait que plus personne ne soit officiellement à la tête de cette école. Le dernier soke "non officiel" était Takaji Shimizu (1896–1978), connu entre autre pour sa participation à la création du Taihojutsu (techniques d'arrestations) des forces de police japonaise (il est d'ailleurs toujours intéressant de remarquer qu'une petite réserve de jo, facilement accessible, est présente dans la plupart des petits commissariats du Japon).
Sekiguchi Ryu - Iaïjutsu
La Sekiguchi Ryu a été fondée par Sekiguchi (Jushin) Yarokuemon Ujimune, pendant la période Sengoku (période de guerres intenses au 17ème siècle précédent la relative paix de l'ère Edo).
Cette école est aussi appelée Sekiguchi Shin Shin Ryu. Sekiguchi étant le nom de son fondateur et ShinShin signifiant "nouveau" et "coeur/esprit". On y enseigne selon 3 axes, le jujutsu, le kenjutsu et l'iaïdo. Nous vous présentons dans la vidéo ci-dessous une école qui s'est détachée du courant originel et qui se concentre sur le Battojutsu aussi lu "Iaï" (même kanji, mais différent des kanji de Iaïdo). Cette école porte toujours le nom de Sekiguchi Ryu et fut fondé par Sekiguchi Hachiro Zaemon Ujinari. Il pensait que le battojutsu était masqué par les techniques de jujutsu, il créa donc une branche spécifique consacrée au maniement du sabre de cette école. L'autre grande figure du groupe est Izawa Nagahide, connu pour avoir ouvert un dojo dans la région de Kagoshima et enseigné aux samouraï du clan Higo.
La technique représentative de l'école est le "Ryutachi", consistant en une inversion de hanche en sautant et en tranchant simultanément (Tobichigaikiri)
Les Kobudo, une longue histoire
Il est intéressant de noter que 3 de ces 4 écoles ont vu le jour au 17ème siecle. Les techniques ont probablement été mises au point lors de la période de guerre intense qui précéda la période d'Edo (1603-1868), mais c'est bien pendant Edo que ces arts se sont developpés. L'ère Edo marque l'union de tous les clans du Japon sous la bannière d'un Shogunat puissant et respecté. A cette époque, la relative paix, résultat de la réunification du Japon, a pour conséquence le developpement des arts et de la religion, mais aussi et contre toute attente, une augmentation très importante du nombre de samouraï. Mais n'ayant plus de guerre à mener, ils deviennent, pour une très grande majorité d'entre eux, des fonctionnaires, beaucoup ne savent même plus manier le sabre. C'est donc dans ces nombreuses écoles, aujourd'hui appelées Kobudo (ancienne voie de la guerre) ou Kobujutsu (ancienne technique de combat), que les techniques de samouraï ont survécu. Elle furent énormément influencées par la pratique du duel et évoluèrent donc de techniques contre un adversaire en armure à techniques contre un adversaire dénué de protections. En effet, à cette époque, pour tester les techniques de leurs écoles, les pratiquants se défiaient régulièrement en duel. Cette période était aussi très propice au developpement du bouddisme et en particulier du Zen, et des composantes de bouddhisme Zen sont intégrées dans la majorité des écoles. On y trouve aussi une composante Shinto (la religion japonaise originel), et il existe un nombre incroyable d'histoires de grands samourais ou combattants s'étant retirés dans un sanctuaire ou temps et ayant été touché par une révélation divine.
Les techniques "traditionnelles" des samouraïs regroupent les techniques d'arme (sabre, sabre court, hallebarde, lance...) ainsi que le combat à main nue, le jujutsu.
La pratique du Jo (baton), du Kusarigama (faucille montée d'une chaine) et d'autres armes moins conventionelles se developpe presque exclusivement à l'ère Edo. En effet, en dehors des samouraïs, et puisque l'on est en temps de paix, le port d'arme est interdit, c'est donc dans l'objectif de se protéger d'assauts au sabre que les techniques de Jo, mais aussi de Kusarigama sont mises au point.
L'évolution suivante se produit pendant l'ère Meiji, avec la modernisation du Japon, la disparition du port du sabre et l'introduction de la guerre au fusil et au canon. De nouvelles écoles sont apparues, comme le Judo ou l'Aïkido, certaines sont sportives et compétitives d'autres non. Mais c'est bien dans les Kobudo et Kobujutsu que les techniques des samouraïs ont survécu, bien que relativement éloignées de leur aspect pratique d'origine, d'une manière plus authentique.
Un peu partout, dans le parc, tous les démonstrateurs s'entrainaient... Un étrange sentiment nous envahit à la vue de ces centaines de pratiquants en armes en train de s'entrainer aux quatre coins du parc.
Merci de nous avoir suivi tout au long de cette série d'article.
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Les musiques intégrées sur les vidéos sont composées par Guillaume Erard : www.kazedesigns.com
Démonstration d'Aïkido Korindo au Sanctuaire Meiji Jingu
Nous sommes toujours au sanctuaire de Meiji Jingu, après vous avoir présenté dans notre premier article le Yabusame, acherie à cheval, nous vous présentons maintenant l'Aïkido Korindo. Il s'avère que, malgré la relative spécialisation de notre boutique sur la matériel d'aïkido, nous ne connaissions pas ce groupe, intrigué, nous avons fait quelques recherches. C'est donc l'occasion idéale pour vous le présenter.
Cette démonstration dura environ 3 heures, de nombreux groupes d'étudiants, mais aussi beaucoup de dojo furent représentés. La vidéo que nous vous proposons plus bas, d'une dizaine de minutes, vous propose un montage thématique par thème de travail plutôt que par groupe. En effet, cet aïkido n'étant pas représenté en France, et probablement inconnu de la majorité d'entre vous, nous avons préféré une présententation thématique à une présentation par dojo et enseignant.
Certains regretterons que la démonstration d'aïkido n'ai pas été réalisée par Inaba Senseï alors que son dojo, le shiseïkan, est situé dans le parc du sanctuaire. Inaba senseï n'est pas très "démonstratif", mais nous ne désepérons pas d'avoir un jour l'occasion de vous présenter son travail. Pour le moment, passons à l'histoire de ce groupe, le Korinkaï.
Seconde partie : L'Aïkido Korindo
L'aïkido korindo est un style mit au point par Minoru Hiraï (1903 - 1998) en 1938. Ce style fut influencé en particulier par d'anciennes écoles de Kobudo, Togun-Ryu, Nito-Ryu ou encore Kito-Ryu. Caractérisé par des mouvements très souples avec une très grande importance accordée au "Taï sabaki" (type de déplacement). En Korindo Aïkido, on trouve la pratique du Taï jutsu (main nue), du Jo, du Bo, du Hanbo, du Ken (bokken), du Kodachi (ou shoto), de l'Iaï, de la lance, du Tanto, du Naginata et du Kusari gama. La pratique est cependant centrée sur le Taïjutsu, le Bokken, le Jo et l'Iaï.
Minoru Hiraï, le fondateur :
Minoru Hiraï commenca les arts martiaux très jeune, il étudia le Togin Ryu, le Suburi Ryu, le Takenouchi Ryu et le Kito Ryu. Il ouvrit son dojo d'Iaïdo et Jujutsu en 1938 à Okayama, le "Kogado Dojo".
Il rencontra le fondateur de l'aïkido, Morihei Ueshiba en 1938 dans la préfecture d'Okayama où Ueshiba l'invita à venir au Kobukan à Tokyo. Il trouva de grandes similitudes entre sa pratique et l'"aïkibudo" de Ueshiba et décida d'intégrer le Kobukan dojo (le dojo de Morihei Ueshiba).
Lors de la Seconde Guerre Mondiale, Hirai était à la tête du département de jujutsu de l'école de la police militaire. Puis, en 1942, Ueshiba lui confia la direction du Kobukan. Il représenta entre autre le Kobukan au "Daï Nippon Butoku Kai" (association regroupant la très grande majorité des arts martiaux japonais).
Instructeur à l'école de Police militaire, il fut demandé après la seconde guerre mondiale pour aider au développement de Taihojutsu (techniques d'arrestation) en collaboration avec des maîtres de karate, de boxe et de judo. Il présenta ainsi devant des officiers venus de tout le pays ses nouvelles techniques basées sur des éléments de Yawara auxquelles il avait ajouté des mouvements destinés à "s'évader du ki de son adversaire" (autrement dit, à détourner la force plutôt que de s'y opposer), et défendit fermement sa position pour l'utilisation de ces techniques en pronant que "celui qui prétend être fort est en réalité faible s'il ne compte que sur sa force physique lors d'un affrontement". Ce fut une réforme majeure pour les officiers, et ces techniques sont encore à l'ordre du jour dans la police actuelle. (ndlr : nous travaillons à un article sur le Taihojutsu de la police de Tokyo) Il aura une influence majeure dans la décision de changer le nom de l'aïkibudo pour aïkido (il est à l'origine de la création du mot Aïkido au sein du Butokukaï). Il renomera d'ailleurs lui aussi son art en aïkido.
En 1953 il ouvre un dojo sur Tokyo, le Korindo Dojo, puis fonde l'année suivante l'association "Nihon Korinkaï"
Il est enfin promu au rang de Hanshi (le plus haut rang) par le Dai Nippon Butoku Kai.
Dans cette forme d'aïkido, le taïsabaki est à la base de toute pédagogie. Que ce soit pour les kata de Taijutsu, de Ken ou de Jo, mais aussi à la lance ou avec n'importe quelle autre arme, tout commence par les différentes formes de Taïsabaki codifiées par Minoru Hirai.
En Korindo, il existe sept formes d'origine, "Kesagiri", "Kote-Sabaki", "Irimi-Sabaki", "Shiho-Sabaki", "Isogaeshi" et "Tsuiage e ushiro-Sabaki", deux furent ajoutées plus tard, puis une supprimée pour arriver à un total de huit actuellement. Ces huit formes sont pratiquées de 4 façons différentes, en focalisant sur l'avant, l'arrière, la droite et la gauche. En général pratiquées seul, ces formes peuvent aussi être pratiquées sous forme de kata avec un partenaire.
L'accent est placé sur le mouvement des hanches, l'économie de mouvement et sur la pratique de nombreuses formes de randori.
Vidéo montage du la démonstration d'Aïkido Korindo
Dai Nippon Butokukai
Le Dai Nippon Butokukai a été établit en 1895 dans le but de promouvoir les arts martiaux traditionnels et les vertues de la culture martiale. Les buts établis du Butokukai étaient de construire le Butokuden, une grande salle martiale à l'intérieur de l'enceinte du Temple Heian Jingu à Kyoto, d'organiser une démonstration et un tournoi d'arts martiaux tous les ans, de préserver, supporter et promouvoir les arts martiaux, mais aussi de collectionner des armes classiques, de l'équipement militaire et du matériel historique et de publier une revue sur les arts martiaux.
Des succursales furent établies dans toutes les préfectures du japon et les préfets en devinrent les directeurs. En 1899, la construction du Butokuden à Kyoto fut achevée. Des salles secondaires furents contruites dans chaque préfecture. En 1905, une école pour les professeurs d'arts martiaux fut établie, qui devint plus tard la Budo Senmon Gakko (école spécialisée des Arts Martiaux). Ce fut le Butokukai qui inaugura le système de rang par DAN, ainsi que le système d'arbitrage. Il a également régularisé la pratique du kendo, judo, naginata et du kyudo et a petit à petit contribué à la modernisation et à l'étendue des arts martiaux japonais. Durant la seconde guerre mondiale, il passa sous le controle du gouvernement puis, après la guerre, il fut dissout par ordre de l'armée d'occupation pour être re-créé en 1946.
- Troisième partie : Démonstration de Kobudo au sanctuaire Meiji Jingu.
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Yabusame au Sanctuaire de Meiji-Jingu Archerie à cheval
C’est à l’occasion du Grand festival de l’automne qui se déroule du 30 octobre au 3 novembre au Sanctuaire Meiji (Tokyo) qu’a été présentée une démonstration de Yabusame, pratique rituelle japonaise de tir à l’arc à cheval.
Pendant 4 jours se sont succédés : "Bugaku", danse impériale ancienne, "Hogaku Houbu", musique classique et danse, théatres "Noh" et "Kyogen", musique japonaise traditionelle "Sankyoku".
Enfin ce n'est que le 5ème et dernier jour, le 3 novembre, que les démonstrations d'arts martiaux ont eu lieu. Yabusame, Aikido, Kyudo, et Kobudo. Comme certaines démonstrations étaient simultanées, nous n'avons pu assister à toutes. Nous vous proposons donc une série de 3 articles, le premier sur le Yabusame, le second sur l'aïkido et le dernier sur divers Kobudo (Iaido, Kenjutsu...). Nous avons malheureusement fait l'impasse sur le Kyudo cette fois-ci, mais ce n'est que partie remise.
Le Sanctuaire de Meiji Jingu est l'un des plus importants et des plus grands du Japon. Situé en plein centre de Tokyo dans le quartier de Harajuku, le temple se trouve au centre d'un immense parc. En plus du temple, on trouve dans l'enceinte du parc un musée mais surtout un célèbre dojo d'arts martiaux, le "Shiseikan Dojo" (où enseigne entre autre Maitre Inaba [Aïkido/Kenjutsu...]).
Première partie : Le Yabusame
Le Yabusame est, vous l'aurez compris, du tir à l'arc à cheval. En réalité c'est bien plus que ça : c'est aussi et surtout un rituel très lié à la religion Shinto. Le Yabusame est très souvent pratiqué lors de cérémonies religieuses comme celle dont nous vous parlons aujourd'hui. Le Yabusame est une pratique rituelle/cérémoniale de "Kyuba" (terme générique pour parler de tir à l'arc à cheval).
Notons qu'il existe deux écoles de Yabusame. Celle invitée à la démonstration de Meiji Jingu est l'école "Takeda". (Takeda Ryu Kyubado, Kyubado désignant la voie de l'archerie à cheval). L'autre est l'école "Ogasawara", formée sur ordre du shogun Minamoto no Yoritomo (1147-1199). Ces deux écoles se mènent une guerre multi-centenaires, déclarant chacune perpétuer l'authentique Yabusame traditionel.
Nous avons assisté à cette cérémonie très codifiée réalisée par l’école Takada. Cette école existe depuis la création même du Yabusame. Elle fut créée sur requête de l'empereur Uda et sur ordre du Shogun Minamoto no Yoshinari en 893. La "Takeda Ryu" est l'une des écoles d'arts martiaux les plus anciennes du Japon. En plus de la pratique du tir à l'arc à cheval (Kyuba) on y apprend aussi le maniement du naginata et du tachi à cheval.
Une histoire millénaire
La pratique du tir à l’arc au Japon remonte à la préhistoire (il y a plus de 6000 ans). Cette arme devint très vite un symbole de pouvoir et de l’autorité. Utilisée comme valeur sûre sur les champs de bataille, c’est à partir du 4ème siècle que la pratique du tir à l’arc monté (Kyuba) fit son apparition, mais ce n'est que quelques siècles plus tard que cette pratique se formalisa. En 893, l’Empereur Uda demanda à Minamoto no Yoshinari de créer une école d’archers à cheval suivant le code des samouraï, c'était les débuts du Yabusame, un tir à l'arc codifié et emprunt de "zen".
C'est à l'époque Kamakura en raison d'une paix toute relative que le shogun, inquiet de la qualité de ses archers, mit en place des entrainements cérémoniaux réguliers. Le Yabusame se developpa rapidement, dans un contexte militaire, et les guerriers aux plus piètres performances pouvaient se voir intimer l'order de se faire seppuku (suicide rituel). Ceci est d'ailleurs lié à la présence de fleur au dessus des cibles. En effet, même si l'acher ratait sa cible, on considérait que toucher la gerbe de fleur était suffisant pour les dédouaner de leur maladresse.
Les plus anciennes traces de la pratique du tir à l'arc à cheval à but cérémonial/religieux remontent à l'an 530, l'empereur Kinmeï tira sur trois cibles lors d'un rituel dont le but était d'attirer la bénédiction des dieux. Les 3 cibles représentaient les trois royaumes de Corée.
L'histoire de loin la plus connue est celle de la guerre de Gempei* [1180-1185] (bataille de Yashima). En position d'attente après une retraite vers la mer, les Heike hissèrent un éventail sur le mat de l'un de leur bateau, défiant les Genji de le toucher d'une flêche. L'un des samouraïs du clan Genji, Nasu Yoichi, accepta et remporta le défi. Il fut récompensé en étant nommé Daimyo (seigneur) et y gagna un telle célébrité que des cérémonies de Yabusame sont encore organisées en son honneur de nos jours.
Le Yabusame, après avoir subit un fort déclin du à l'introduction des armes à feu au Japon par les portugais (XVIe sciecle), réapparu à l'époque Edo (1600 - 1867). Le pays étant unifié et pacifié, le Yabusame se developpa, comme beaucoup d'autres arts martiaux, comme un art raffiné de developpement personnel (intimement lié au bouddhisme zen mais aussi aux cérémonie shintoistes).
Le kyuba (archerie à cheval) regroupe le Yabusame (archerie rituelle) le Kasagake, tir de plusieurs cibles de largeurs différentes et pratiqué plutôt avec des objectifs guerriers ou le Inuoumono, chasse de chiens à cheval d'abord pratiqué à fleches percantes, puis à flêches rembourées pour éviter de tuer les chiens. (Cette forme n’est plus pratiquée de nos jours). Aujourd'hui le Yabusame est pratiqué afin de recevoir la bénédiction des Dieux pour les récoltes, la prospérité et la bonne santé du peuple et éloigner les mauvais esprits. C’est donc en tant qu’archerie solennelle et cérémoniale intimement liée à la religion qu’est pratiqué le Yabusame et ses démonstrations font l’objet de véritables rassemblements de foules lors des fêtes shintoïstes à travers tout le pays.
Un équipement incroyablement complexe
L'arc japonais, que ce soit celui du Kyudo, ou du Yabusame est très particulier, d'une très grande taille avec sa poignée située sous le centre (asymétrie), c'est une arme particulièrement difficile à contrôler. Quant à l'équipement utilisé, il est réputé pour être inchangé depuis la naissance du Yabusame. Certaines parties sont fabriquées artisanalement spécialement pour les archers, d'autres sont restaurées encore et encore car le savoir-faire de leur fabrication a disparu.
Une école de longue tradition
Le Soke (garant de la tradition de l’école Takeda, Kaneshiro Ietaka, agé de 88 ans, est une figure emblématique du Yabusame. C’est en 1935, à 13 ans, qu’il exécute sa première cérémonie et ne cessera de présenter et de promouvoir son art dans beaucoup de sanctuaires du Japon mais également à l’étranger où des démonstrations seront organisées dans les années 90 notamment ( France, Allemagne, Brésil entre autre !)
Il fut par ailleur sollicité par le célèbre réalisateur Akira Kurosawa pour ses films « Les sept samouraïs »(1954) ou encore « Kagemusha, l’ombre du guerrier »(1980). Toshiro Mifune, célèbre acteur des films de Kurosawa était lui même pratiquant de l'école Takeda.
Depuis 1939, l’Association japonaise des archers à cheval, dont l’école Takeda fait partie, se fait un devoir de maintenir et de promouvoir le Yabusame en tant qu’art martial traditionel authentique.
Notons aussi l'influence majeure du Zen dans la pratique du tir à l'arc, que ce soit le Kyudo (tir fixe) ou le tir à l'arc à cheval, le Yabusame. Le tir à l'arc nécessitant une grande concentration et une maitrise parfaite de la respiration était vu comme une excellente méthode d'enseignement des principes Zen chers aux samouraïs de l'époque.
Un art qui mérite le respect
De notre point de vue de néophyte, cette pratique est particulièrement impressionante. Les cavaliers sont extrèmement stables sur leur monture (excellente assiette) et considérant que l'étrier n'entoure pas leur pied (pour se degager rapidement et partir au combat au sol si nécéssaire) et que par conséquent, leur genoux sont leur seul moyen de contrôle sur le cheval (les mains étant sur l'arc), le niveau, à la fois en équitation, à la fois en archerie est véritablement exceptionel. On comprend pourquoi la foule aclame lorsque l'archer touche sa cible. A cela, ajoutons ce qui nous a été répété mainte fois par la "commentatrice" de l'évenement, les chevaux actuels (anciens chevaux de course) sont beaucoup plus rapide et difficile à contrôler que ceux utilisés par le passé.
Bien que la pratique du Yabusame soit destinée à rester "confidentiel", tant elle est difficile à aborder, autant du point de vue technique que du point de vue cérémonial, nous ne pouvons que nous incliner devant une telle maitrise et devant l'exploit réalisé de maintenir une tradition si complexe dans le monde moderne de manière quasi inchangée depuis 1000 ans.
Vidéo montage du la démonstration de Yabusame de Meiji Jingu
Le Yabusame est très difficile à filmer. Les spectateurs sont très proches des chevaux et par conséquent, il est impossible de filmer la totalité de la piste. Cependant, nous avons fait de notre mieux pour monter une vidéo, certes courte, mais intense !
Déroulement de la cérémonie :
Shutsujin, « départ au combat »
Aux coups de tambour de regroupement « Yose no taiko » les archers et les intendants se rassemblent et entament une marche solennelle jusqu’au sanctuaire, avec à leur tête le Chef de cérémonie.
Kaburaya hoken Kanmon sojo no gi, « cérémonie de présentation de la flèche du combat et de récitation de prières »
Le Chef de cérémonie, les archers et les intendants arrivent au Sanctuaire devant le public. Le Chef de cérémonie va alors se purifier et entamer des prières pour la paix, l’abondance et la bonne santé du peuple. Il reçoit la flèche purifiée du combat.
Tenchochikyu no shiki, « cérémonie du Ciel et de la Terre »
Le Chef de cérémonie ainsi que les archers montent à cheval. Ces derniers forment un demi-cercle et le Chef de cérémonie va se placer au milieu après avoir formé 3 cercles à gauche et 2 à droite. Là, il va prier les Dieux en tendant son arc vers le ciel puis vers la terre, sans tirer.
Kogun, « procession des troupes »
Une procession commence alors pour mener les archers à la course, au son des tambours.
Subase, « au grand galop »
Le Chef de cérémonie prend alors place en haut d’une tour afin de veiller au bon déroulement de la démonstration. Il vérifie si le parcours est dégagé et si les intendants sont bien placés.
Puis les drapeaux pour le départ de la course sont brandis.
C’est lorsque le Chef de cérémonie tape sur le tambour de la destruction « Ha no taiko » que les archers se mettent à galoper : l’épreuve est lancée.
Hosha, « séance de tir »
Le parcours long de 218 mètres exactement comporte 3 cibles espacées de 65 m les unes des autres.
Les archers, généralement divisés en deux groupes, sont supposés tirer les 3 cibles sur leur monture lancée au grand galop en moins de 15 secondes. Le placement des cibles et les cibles elles-mêmes sont présentées de manière à ce que la flèche soit un coup fatal pour un samourai en armure traditionnelle, soit l’espace en dessous de la visière du casque. La flèche tirée est émoussée et en forme de cercle (ou rembourée) afin d'augmenter le son produit lorsque la flèche touche la cible.
Kyousha , « concours de tir »
C’est la dernière partie de l’épreuve : les trois meilleurs archers séléctionés à l'étape précédente se lance dans une epreuve plus difficile. Il s’agit de viser une cible ronde en terre cuite de 9 cm (3 sun) de diamètre qui contient des confettis. Cette fois-ci, seuls les meilleurs archers tirent, et utilisent soit des flèches perçantes qui, lorsqu’elles touchent la cible, la font éclater dans une explosion multicolore soit des flêches émoussés.
Enfin, le Chef de cérémonie frappe le tambour de halte « Tome no taiko » et décide du meilleur archer de l’épreuve. Puis tous se rassemblent autour de lui.
Gaijin no shiki, « la cérémonie de la victoire »
Le meilleur archer s’agenouille devant le Chef de cérémonie, et celui-ci le regarde à travers un éventail. Un tambour est frappé 3 fois, puis l'archer vainqueur dégaine légèrement son sabre, et il crie "ei ei ei", ce à quoi les autres archers répondent "oh". Le tout répété 3 fois. Pour la cérémonie se termine par un dernier roulement de tambour.
Naorai shiki, « cérémonie de cloture »
Le Chef de cérémonie et les archers reçoivent l’alcool sacré « omiki » avant de remonter à cheval pour clôturer la cérémonie.
L'autre très importante cérémonie de Yabusame de l'année se déroule au sanctuaire dédié au dieu de la guerre "Tsurugaoka Hachiman-gu" au mois d'avril (Kamakura, à 1H de Tokyo, région où le Yabusame fut créé).
* Bataille de Gempei : (bataille opposant les Heike et les Genji, deux éminents clans de samouraïs dont l'histoire influenca énormement le japon, notamment avec les deux plus grands romans historique japonais "le dit du genji" et le "dit du heike".
* Kyuba : Tir à l'arc à cheval (générique)
* Yabusame : Tir à l'arc à cheval rituel (cérémonial)
* Kasagake : Tir à l'arc à cheval sur de nombreuses cibles différentes. (objectif militaire)
* Inuoumono : Chasse aux chiens
A suivre :
- Seconde partie : Démonstration d'Aïkido Korindo au sanctuaire de Meiji jingu.
- Troisième partie : Démonstration de Kobudo au sanctuaire Meiji Jingu.
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Comment nouer sa ceinture de Judo, d'Aïkido ou de Karate ?
Que ce soit en Judo, en Aïkido ou en Karate, les pratiquants utilisent le même type de ceinture. Traditionnellement, on préfère une ceinture épaisse (surpiquée) mais il existe également des ceintures plus fines en général destinées aux enfants.
Nous allons vous présenter en vidéo 4 techniques différentes afin de nouer votre ceinture. Certaines sont plus adaptées à l'aïkido de part la forme du noeud, plat et discret sous le hakama, tandis que d'autres correspondent d'avantage à la pratique du Judo ou du Karate pour la bonne tenue du noeud. Les vidéos sont volontairement prises en noir et blanc de façon à améliorer le rendu. N'hésitez pas à donner votre avis en laissant un commentaire.
La méthode Classique.
Il s'agit de la technique la plus simple, parfaitement adaptée aux débutants. On la déconseillera pour l'aïkido car le croisement sur l'arrière peut être désagréable lors des chutes, en particulier si le koshita (plaque arrière) du hakama vient se loger dessus.
La méthode sans croisement arrière.
Cette méthode sera particulièrement recommandée aux aïkidoka pour éviter le croisement sur l'arrière, mais elle est aussi parfaitement adaptée au Judo ou au Karate.
La méthode noeud plat.
La méthode noeud plat est recommandée en Judo ou en karate pour sa bonne tenue. Elle est aussi utilisée en Aïkido.
Le double noeud plat.
Et pour ceux qui auront le courage, ce noeud plat plus compliqué permet d'obtenir un noeud qui ne se desserre pas. Particulièrement recommandé aux Judoka. On le déconseillera aux aikidoka porteurs de hakama pour la taille imposante du noeud.
Il existe bien sûr d'autres techniques, certaines peuvent être fusionnées de façon à obtenir un double noeud plat sans croisement arrière. Cependant les techniques générales de base vous sont présentées ci-dessus. A vous de trouver celle qui vous convient le mieux pour votre pratique!
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Musique : Guillaume Erard : www.guillaumeerard.com